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Un mauvais héritage: le cholestérol

01/11/2017
L’hypercholestérolémie familiale est l’une des maladies héréditaires la plus fréquente au monde, elle concerne entre 200 000 et 300 000 personnes en France. On estime que 90% des patients ne sont pas dépistés. Il existe des traitements, mais leur mise sur le marché en France est retardée pour des raisons économiques. Les laboratoires pharmaceutiques sont en discussion avec les autorités de santé pour fixer un prix.

L'hypercholestérolémie familiale est une maladie génétique qui se manifeste par une augmentation marquée du mauvais cholestérol circulant dans le sang dès la naissance : le LDL-Cholestérol (LDL-C). Elle se transmet sur un mode autosomique dominant un risque sur deux de le transmettre à ses enfants. Si les deux parents le sont, 100 % risquent d’être atteints. L’accumulation du LDL-C favorise le processus d’athérosclérose qui altère les parois des artères et favorise la survenue des événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, angine de poitrine, artérite des membres inférieurs, accidents vasculaires cérébraux, anévrismes...). Ceux-ci surviennent d’autant plus précocement que le niveau de LDL- cholestérol est élevé (> 1,90 g/L) et que s’y associent d’autres facteurs de risques cardio-vasculaires tels que : tabagisme, cannabisme, diabète sucré, hypertension artérielle, obésité, stress... Ainsi, le risque de présenter un évènement coronarien fatal, avant 50 ans, dans cette maladie initialement silencieuse, est chez l’homme de 50 % et chez la femme avant 60ans de 30%.

COMMENT TRAITER CETTE MALADIE ?

Son traitement repose d’abord sur des mesures hygiéno-diététiques raisonnables (réduction du cholestérol alimentaire et des graisses saturées, activité physique régulière) puis de médicaments réduisant la concentration du LDL-C circulant. Les statines en sont les chefs de fil et présentent un excellent rapport bénéfice /risque dans cette indication. Ainsi, le traitement bien mené réduit la mortalité coronaire de 48% en prévention primaire (sujets indemnes de tout évènement) et de 37% en prévention secondaire (sujets ayant déjà présenté un évènement cardiovasculaire).  10 % des patients sous statines présentent des effets secondaires (crampes, douleurs articulaires en particulier) pouvant justifier d’une adaptation, voire d’un arrêt du traitement, sachant que d’autres médicaments existent.

De nouvelles molécules hypocholestérolémiantes sont en cours de développement (inhibiteur de PCSK9) et représente un réel espoir thérapeutique

Les anticorps anti-PCSK9 constituent une nouvelle classe de médicaments très efficaces pour faire baisser le taux de cholestérol.

Les anticorps anti-PCSK9 permettent une diminution de 60 à 70% du cholestérol. Les nombreuses études réalisées avec ces traitements ont montré que la tolérance était excellente, et qu’ils n’entraînaient pas de douleurs musculaires ou de problèmes de foie. En Europe, ces traitements sont indiqués chez les patients à haut risque cardiovasculaire qui maintiennent un taux de cholestérol élevé malgré le traitement par statine. Ce cas est fréquent en cas d’hypercholestérolémie familiale quand le taux de cholestérol est initialement très haut ou chez les patients qui ne tolèrent pas les statines (douleurs musculaires etc.). Le problème actuel retardant sa mise sur le marché en France est économique et les laboratoires pharmaceutiques sont en discussion avec les autorités de santé pour fixer un prix. Ces traitements sont déjà disponibles dans de nombreux pays (Canada, Suisse, Espagne etc.).

La lutte contre l'hypercholestérolémie familiale reste essentielle dans la prévention des accidents cardiovasculaires. Elle doit faire preuve de la plus grande attention des pouvoirs publics, en concertation avec le corps médical.

Véronique Lemaitre
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