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Turquie, le retour de la puissance ottomane

01/02/2018
La Turquie d’aujourd’hui est l’héritière d’un empire qui s’étendait sur trois continents. Puissance économique et démographique régionale, ce pays a d’abord tenté de rejoindre l’Union européenne avant de recentrer son influence vers ses anciens territoires, devenant sur le plan géopolitique un interlocuteur de premier plan.
Erdogan s'appuie sur l'héritage ottoman

Malgré ses importantes pertes territoriales après la Première Guerre mondiale, la Turquie demeure aujourd’hui un grand pays : une fois et demie la superficie de la France, dont 3% en Europe ; 78 millions d’habitants, musulmans à 99%. Les Turcs sont turcophones à 80% et kurdophones à 20%.

Le pays dispose de groupes industriels et financiers puissants, ainsi que de grosses filiales de groupes étrangers.

On constate depuis longtemps une forte inclination occidentale, la Turquie est membre du Conseil de l’Europe depuis près de 70 ans ; elle a reconnu l’État d’Israël dès 1949, possède la plus forte armée de l’OTAN dans nos régions et on compte trois grosses bases américaines sur son territoire.

Il n’y a quasiment plus de querelles avec la Grèce, ni avec d’autres voisins. Mais il reste un sujet de désaccord avec l’Occident : la République turque de Chypre du Nord.

 

Associée à l’ex-Communauté européenne depuis plus de 50 ans, la Turquie a fait une demande officielle d’adhésion à l’Union Européenne en 1987. Des discussions ont alors commencé et on lui a demandé de prévoir des mesures sur 34 critères d’excellence. Cependant, des référendums dans quelques pays européens et des mouvements d’opinion dans plusieurs autres ont mis un frein à ces négociations.

 

Depuis plusieurs années, les négociations n’ont pas été rompues, mais sont quasiment au point mort. Les Turcs, intelligents et fiers, l’ont vite compris et en ont été choqués. Il faut dire aussi que la tiédeur européenne de beaucoup d’Européens et la baisse des performances économiques de l’Union ont un peu amoindri les aspirations européennes des Turcs. Il en va de même pour leur inclination occidentale : plusieurs signes récents ont pu faire interroger sur leur totale adhésion à l’OTAN (restriction des bases américaines, adoubement par Vladimir Poutine à Moscou, achat de systèmes russes de défense).

Sans renoncer au travail sur les 34 critères européens, qui leur sont utiles pour préparer leur propre avenir, les Turcs ont réorienté leurs priorités et leurs regards. Ils semblent maintenant vouloir plus compter par eux-mêmes sur le plan international et prendre un peu de distance avec l’Europe et les Etats-Unis.

Avec une politique de « zéro problème avec nos voisins », ils reconstituent une grande zone d’influence régionale, en rétablissant des relations privilégiées avec les anciens pays de l’empire ottoman. Par ailleurs, l’image d’une Turquie à la fois démocratique et majoritairement islamiste permet de la proposer en exemple aux autres pays musulmans, en particulier ceux issus des récents « printemps arabes ».

Alain de Savigny
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