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Robert Service: soif d'aventures, passion d'écriture

01/10/2017
Poète et écrivain d’origine écossaise au destin exceptionnel d’aventurier des temps modernes, Robert William Service fut surnommé le « Barde du Yukon » pour ses écrits dépeignant le Grand nord canadien du temps de la ruée vers l’or au Klondike. Son œuvre non traduite reste méconnue en France où il a pourtant passé quarante ans de sa vie, décrivant notamment la souffrance du soldat pendant la Grande Guerre.

Bien qu’à plus de quarante ans il ait dépassé l’âge du service actif, Robert Service réussit à s’enrôler comme conducteur et brancardier dans un corps d'ambulanciers américains de la Croix Rouge nouvellement constitué, à la seule condition de ne pas écrire une ligne sur la guerre, promesse évidemment impossible à tenir pour un écrivain. Cette unité accueillera d’autres personnalités reformées du service actif telles que Somerset Maugham et Ernest Hemingway.

Courant 1915, Robert et son groupe patrouillent sur le front dévasté de la région d’Arras à la recherche des blessés dont certains agonisent au gaz moutarde. Robert traverse des villages bombardés où chaque maison avait été pillée, tout en essuyant les constants assauts aériens.

Démobilisé de son unité pour cause de furonculose aiguë sur tout le corps, Robert séjourne en convalescence à Lancieux. Les jours sombres passés sur le front au contact des mutilés ont bouleversé le poète. Robert veut témoigner de l’horreur pour mieux l’exorciser. 

Les poèmes de guerre de Robert ne décrivent pas la stratégie des batailles ni les considérations politiques entre les deux blocs, mais ils racontent la précarité de la vie des soldats, le désespoir des familles et la compassion envers les hommes, quel que soit leur uniforme. 

Les émotions retranscrites sont au plus proche de la réalité de la guerre, puisque l’ambulancier partage le même sort que ses camarades sur la ligne de front. 

Le poète conserve la même dextérité pour jouer avec des mots simples reconnaissables à travers toute son œuvre, mais dans ce cas particulier pour témoigner de la gravité du sujet. Robert tourne l’horreur décrite d’une manière presque artistique par des métaphores et comparaisons assimilant par exemple le soleil couchant à une boule de sang.

Ses poèmes de guerre font directement appel au lecteur sous la forme de monologue mené par le narrateur brancardier et ceci dans un vocabulaire proche du langage parlé. Le poète utilise même des mots familiers de dialecte Cockney ou écossais.

En cinq mois, Robert écrira une soixantaine de poèmes publié dans Ryhmes of a Red Cross Man qu’il dédiera à son plus jeune frère – Albert - (23 ans) engagé dans l’infanterie canadienne (Manitoba Regiment) et tué pendant l’été 1916, à Ypres (Belgique).

Les éditeurs furent enthousiastes tout comme le public touché par l’hécatombe des grandes batailles de la Somme. Rhymes of a Red Cross Man fut en tête des ventes pendant neuf mois. Enrôlé à condition de ne pas écrire, les poèmes d’un brancardier furent les premiers témoignages du front venant d’un engagé non commissionné par un gouvernement. En 1916, avant même l’entrée en guerre des États-Unis, Robert fut un des rares poètes à mettre en avant la rude détresse des soldats ainsi que la désillusion de leurs épouses.

Charlotte Service-Longépé
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