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Révolution dans la Royale

01/10/2017
La marine de la royauté est connue pour son active implication, tant sur le plan militaire que commercial, ou de l’exploration. Louis XVI, appelé « le roi marin », se passionne notamment pour les voyages d’exploration de Bougainville et La Pérouse. Sous son règne et grâce à deux grands ministres de la marine - Sartine et le marquis de Castries - la marine française apparaît à son apogée. Malheureusement, la période révolutionnaire vient signifier un déclin, sous l’effet de conjonctions multiples. Invitation à un embarquement immédiat pour un voyage au long cours.

La Révolution française entraîne l’exode en Angleterre et en Prusse de nombreux officiers de marine. Cette fuite touche surtout les officiers les plus âgés et les plus expérimentés. Quelques amiraux comme d’Estaing sont décapités à Paris. Pourtant, nombre d’entre eux restent fidèles à la France en épousant les idées révolutionnaires. Certains participeront aux premiers combats de la marine républicaine, d’autres seront emprisonnés comme nobles pour être libérés après la Terreur et joueront un rôle dans la marine du Directoire, puis de l’Empire. Sur les 1620 officiers et 350 élèves officiers recensés en 1789, environ 1000 auront pris le chemin de l’exil.

La Révolution enfante dans la douleur une marine différente de celle de l’Ancien régime, ceci à tous les niveaux. Celle-ci sera rapidement confrontée à son homologue anglaise et dévoilera ses faiblesses  constitutionnelles qui aboutiront au déclin de la puissance navale française. Le fait que la Révolution ait dû se battre sur tous les fronts suffit déjà à expliquer les difficultés de la marine.

Dans le corps des officiers, il avait fallu  remplacer les aristocrates exilés ou emprisonnés. Plusieurs types de marins prendront leur place. Les anciens officiers « bleus » seront tout naturellement promus à des grades supérieurs, de nombreux sous-officiers profiteront également de ces promotions. Tout ceci promeut des hommes dont beaucoup serviront avec efficacité et feront de belles carrières. Mais la Convention considère qu’un officier de navire de commerce peut remplir les mêmes fonctions à bord d’un navire de guerre. Erreur ! La promotion d’officiers nommés uniquement sur leurs « valeurs morales révolutionnaires» propulse des braillards incompétents, à la merci du génie militaire de l’ennemi.  Cette réalité pèsera lourdement sur la marine française jusqu’à la chute de l’Empire. La discipline est également en forte souffrance. Une discipline de fer existait sur les navires de la Royale. Dès les premières années de la Révolution, le commandant n’a plus la décision des sanctions, une sorte de tribunal avec des représentants des matelots et des sous-officiers se substituant à l’organisation de l’ordre ancien. 

Le corps des canonniers ayant été dissous, il fut  remplacé par des artilleurs des régiments de volontaires, affectés ponctuellement sur les vaisseaux. Ces hommes non amarinés ni entraînés à la spécificité du tir à bord d’un navire instable n’atteindront jamais l’efficacité des canonniers de la marine  royale. Ceci sera en grande partie responsable des nombreuses défaites de la marine française.

Les arsenaux  français subissent également une forte dégradation, désorganisés par les différentes émeutes et le manque de matériaux.  Nombre de vaisseaux ne sont pas entretenus. Pourtant un grand plan de production de navires est lancé et de nouvelles unités sont fabriquées, tant bien que mal entre 1793 et 1794. Mais les navires plus anciens se dégradent sans entretien et continueront de naviguer, malgré leur vétusté.

C’est dans ces conditions que la France déclare la guerre à l’Angleterre en février 1793, avec une marine désorganisée, un commandement déficient, des canonniers peu efficaces, un nombre de marins de métier insuffisant et certains  vaisseaux dans état de délabrement important. Les premiers engagements viendront confirmer la déliquescence  de la force navale.

Beaucoup d’hommes et de marins ont participé à l’aventure maritime révolutionnaire, quelques-uns joueront un rôle marquant notamment lors des débuts de cette marine. Certains signifient un parcours hors du commun et deviendront de grands serviteurs de la Marine révolutionnaire.

Antonio Ferrandiz
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