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L'école n'est plus une passion, mais une obligation

01/08/2018
L'anticonformisme et la vivacité d’esprit de Vincent Cespedes en ont fait le « chouchou » des médias. Penseur ancré dans son époque, l’ex-professeur de philosophie Vincent Cespedes dépoussière la discipline de Kant. Début d'entretien passionné et passionnant mené par Sophie Briard avec un militant de la cause éducative...

Vous qui exécrez le « philosophiquement correct » et qui qualifiez le bac philo de mascarade, comment proposez-vous de réformer la philosophie scolaire ?

Nous devons nous débarrasser de cette philosophie qui consiste à rédiger une dissertation en quatre heures, le cul sur sa chaise. Le bachotage est tel que les gamins apprennent par coeur des citations et des explications de citations ! Si je détenais les petites clés du ministère de l’Éducation nationale, j’organiserais d’abord un débat public général. Des tas d’idées surgiraient ! Et si j’avais les grandes clés, je partirais du constat que les élèves d’aujourd’hui ne seront jamais des Robinson Crusoé sans électricité ni connexion. J’autoriserais donc les portables en cours, y compris au bac. Par contre, l’élève étant connecté, on ne lui demanderait pas un copier-coller, mais une oeuvre beaucoup plus personnelle. Pas l’une de ces épreuves où la réponse se trouve sur le Net. Et où il s’agit de trouver « la bonne réponse ». En bref, il faudrait aller vers une philosophie du savoir-faire et non de l’érudition.


Cela fait beaucoup de tabous à lever…
Je pense avoir la maturité et le courage pour les briser. C’est une démarche militante. Moi qui n’ai aucune envie d’être le nouvel Éric Zemmour, je prends des coups et n’en retire aucune notoriété ! Je me réjouis que des pierres aient déjà été posées. L’une des premières a été de dire que l’on peut se passer du bac. Une autre de démontrer que la philosophie de terminale, telle qu’elle existe aujourd’hui, favorise une élite. Alors que la philosophie est d’essence populaire.

La réforme du bac prévoit la suppression des séries générales. Et donc, la fin de la hiérarchie des séries. C’est positif ?
Bien sûr. Évidemment, aujourd’hui, on essaie d’avoir un bac S. Et, si on n’y parvient pas, un bac ES, puis un bac L et enfin un bac techno. Il faut se débarrasser de ce système. Imaginons un bac mélangé à du théâtre ! On plaide aujourd’hui pour l’interdisciplinarité et on fait tout l’inverse à l’école.

Vincent Cespedes
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