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Le péril jeune. Quand la révolte tourne au drame

01/09/2017
Trop de lieux connaissent, ces dernières années, une recrudescence d’attentats. Quel qu'en soit le lieu, qu’ils se produisent dans des pays laïques ou musulmans, ils sont revendiqués au « nom d'une certaine forme » de l'Islam. Souvent, trop souvent, les auteurs de ces actes terribles sont de jeunes adultes (18 à 32 ans) vivant dans nos pays, profitant de la paix qui y règne depuis 1945 et d'un mode de vie agréable. Ils n’hésitent pas parfois à se rendre sur des terrains de conflits, abandonnant familles et relations pour s’identifier à une lutte et une cause qu’ils font leurs. Tentative de compréhension de ce qui dépasse le rationnel.

Daesh privilégie une vision globale du djihad. Il doit ainsi recruter parmi les populations locales, mais surtout en terre à conquérir (le « dar al-Harb »). L’occident devient une cible de choix. Ainsi, plusieurs objectifs sont poursuivis.
Il s’agit, en premier niveau, d’attirer des occidentaux, ce qui permet d'augmenter les rangs des combattants du califat pour le  défendre et tenter d'accroître son territoire. Dans un autre registre, recruter dans les rangs de « l'ennemi », permet d’instiller le doute, la crainte, pour ne pas dire la terreur, nés des actions terroristes menées. Cet objectif est absolument réel. En effet, les jeunes qui partent combattre embrassent un mouvement prônant la destruction de l'Occident. Nourris par une haine viscérale de notre société, en revenant dans leur pays d'origine, ils se retrouvent dans un contexte sociétal banni et qui vient fonder une pseudo-légitimité à leur combat et leurs actes. Enfin, lorsque ces mouvements recrutent parmi les jeunes, ils répondent à une certaine vision qui préparerait la génération future, en n’interrompant pas la dynamique, mais, au contraire, en  enracinant l’action et donc la terreur dans la durée. C’est ainsi que le recrutement de jeunes femmes, véritables « ventres valorisés » et … asservis, devient le moyen, faute de combattants mâles, d’imprimer un nouveau ressort de l'action terroriste en Occident.
Il n'existe pas de profil « type », en matière de recrutement, mais la cible de jeunes adultes et ?d’adolescents, reste majeure, profitant de la radicalité de certains dans leur recherche de l'absolu et de leur fragilité, souvent liée parfois à leur isolement affectif. Ainsi, un faible engagement social ou tout simplement un manque de repères culturels et cultuels sont autant de facteurs de propension ou de disponibilité à la radicalisation.
Les vraies nouveautés résident dans l'utilisation des moyens modernes de communication, qui permettent un recrutement de masse, celui des femmes n’étant pas à négliger.
Les jeunes candidats au djihad appartiennent à toutes les catégories socio-professionnelles : 10 % appartiennent aux classes supérieures, presque la moitié aux classes moyennes et un peu plus de 40 % aux classes populaires. 63 % des candidats potentiels ont entre 15 et 21 ans. Les garçons ont une moyenne d'âge (25 ans) plus élevée que celle des filles (le tiers d'entre elles sont mineures).
Leur provenance « religieuse » est variée : 50 % ont vécu ou vivent dans des familles athées, 30 % sont issus de milieux catholiques et 20 % ont des origines musulmanes.
Un double phénomène doit être relevé : 40 % de ces candidats sont des convertis, tandis que 40 % ont un grand parent immigré (cette proportion augmente de manière très forte pour ceux qui ont commis des actes terroristes).
Quant à ceux qui ont commis des attentats en France, relevons que, comme les    « antisystème » des années 1960/1970, ils ont tous entre 20 et 32 ans, avec un passé judiciaire et n'agissent jamais seuls. Le « loup solitaire » n'existe pas ! Il a toujours besoin d'appui et d'une logistique appropriée (armes, caches, argent et matériels) et de soutiens idéologiques destinés à le conforter dans sa vision ou/et à le pousser à passer à l'action.

Gérard Deanaz
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