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Le paludisme contre-attaque

01/07/2018
Malgré les avancées de ces dernières décennies, l'évolution de la maladie inquiète l'OMS. La lutte contre le paludisme est à un tournant majeur, mais les financements ne suivent pas.

Extrêmement variable sur le plan génétique, le parasite responsable du paludisme donne du fil à retordre aux scientifiques. Cela fait plusieurs décennies qu’ils tentent de cerner, en vain, les antigènes susceptibles de déclencher une réaction immunitaire chez l’homme. « C’est une difficulté énorme », admet Frédéric Tangy. « Face à Zika, c’est plus simple, car la réaction immunitaire naturelle en cas d’infection est excellente et il nous suffit de copier cette réaction pour faire un vaccin. Mais le Plasmodium, qui co-évolue avec l’homme depuis la nuit des temps, a trouvé des stratégies pour réduire notre immunité naturelle. Et nous ne savons pas comment faire mieux que la nature. » Même le candidat vaccin le plus prometteur, le Mosquirix, ou RTS, S/AS01, n’y parvient pas. Cette solution mise au point par le géant britannique GlaxoSmithKline a passé la phase III des tests sans se montrer complètement efficace. Les laboratoires poursuivent donc leur quête de la panacée, et une trentaine de pistes sont actuellement
exploitées. Parmi elles, celle de l’Institut Pasteur va bénéficier du soutien de la fondation européenne kENUP, tout comme une douzaine d’autres projets. Ils vont se partager un fonds de 500 millions d’euros débloqué pour faire avancer la recherche. À titre de comparaison, le programme ayant abouti au RTS, S/AS01 a déjà coûté plus d’un milliard d’euros depuis son lancement en 1987. L’aide de la fondation kENUP ne fera donc qu’amorcer un processus qui s’annonce long et coûteux. Cela n’entame pas pour autant la motivation de Frédéric Tangy et ses troupes, qui mettent tout en œuvre pour sauver des vies : « Nous faisons face à beaucoup de difficultés, mais nous avons fait des avancées techniques prometteuses et il y a des choses que nous comprenons de mieux en mieux. Nous sommes tous convaincus que nous allons y arriver ! » Mais en attendant la victoire, le paludisme continuera de tuer un enfant toutes les deux minutes.

Michael Ducousso
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