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Le Grand canal d'émigration au Brésil

01/08/2017
Au XIXe siècle, alors que les Etats-Unis accueillaient des populations du Nord de l’Europe, l’Amérique du Sud attirait des populations de pays latins. Au Brésil, ce fut particulièrement le cas des Vénitiens, appellés « les Talians ». Aujourd’ui, un Brésilien sur dix est d’ascendance italienne, ce qui explique l’influence certaine des Talians dans l’économie, l’art et la culture du pays.

Le parcours de ces Italo-Brésiliens ne ressemblerait-t-il pas à d’autres mouvements dont l’Histoire regorge ? A chaque fois, quels que soient les motifs qui les guident, ces foules finissent par façonner le paysage humain des sociétés dans lesquelles elles s’installent. Les grands mouvements de populations répondent souvent à des révolutions économiques en cours. Tel était bien le cas au XIXe siècle, entre une Europe qui abordait une nouvelle étape de ses mutations sociétales et économiques, et un continent américain qui était demandeur de tout ce qui pouvait contribuer à développer ses immenses potentialités. La conjonction de ces deux situations devait donner la plus grande migration des temps modernes. Les millions de gens qui s'installèrent  au Brésil devaient donner naissance à la plus grande diaspora italienne du monde. Les Talians ont très largement contribué à la lancée du cycle industriel moderne de ce pays, apportant un savoir-faire qui révolutionna une économie encore coloniale. Ils changèrent la physionomie économique et humaine du Brésil. Sur le plan linguistique, la mélodie si particulière du portugais parlé au Brésil porte incontestablement une part d'influence italienne. Le dynamisme démographique national s’est trouvé singulièrement accéléré par cet apport.           

L'arrivée de cette population européenne a beaucoup contribué à aider le Brésil dans ses balbutiements démocratiques. La vie politique, demeurée jusqu’alors sur un mode extrêmement conservateur, a irrémédiablement évolué. Les artisans et commerçants prirent de plus en plus d’importance. Une vie syndicale se développa. L’immigration italienne a aidé à tourner la page d’une civilisation coloniale au profit du libre-échangisme avec son réseau de villes, d’où devait émerger le Brésil contemporain qui poursuit sa route vertigineuse plus d’un siècle plus tard. Aujourd’hui, les Italo-Brésiliens sont devenus l’une des communautés les plus dynamiques de l’Eldorado que leurs ancêtres espéraient tant. Les Talians peuvent être fiers de leurs ancêtres dont ils ont su préserver le souvenir et l’endurance au travail et, ce qui est sans prix, la langue. Ils ont réussi à prendre leur part dans l’édification de ce qui est devenu leur patrie.


Patrice de la Condamine
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