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La Méditerranée en danger

01/08/2018
La Journée mondiale de l’océan nous a rappelé un bien triste record: celui de la pollution plastique en mer Méditerranée. Hélas, ce n’est pas la seule menace qui pèse sur ce haut lieu de la biodiversité mondiale. Début de tour d’horizon.

Depuis la Costa Brava espagnole jusqu’à la station turque d’Antalya, plus de 200 millions de touristes visitent la Méditerranée chaque année. Si elle demeure la première destination touristique mondiale, elle est le repaire d’un écosystème marin unique puisqu’elle abrite 9 % de la biodiversité de la planète ! Une richesse héritée de son histoire géologique, selon l’océanologue Denis Ody, responsable des océans au Fonds mondial pour la nature (WWF) : « Au cours des glaciations, elle a été une mer froide et une mer tropicale, elle abrite donc de nombreuses espèces venues de l’Atlantique, mais aussi des espèces tropicales. »


Niveaux records de microplastiques
Pourtant, cet écosystème si précieux est exposé à de multiples pressions. Le 8 juin dernier, le WWF a profité de la Journée mondiale de l’océan pour alerter sur l’ampleur de la pollution plastique 1. Transportés par les fleuves, le vent ou rejetés par les plages, ces déchets pour la plupart non biodégradables achèvent leur course dans une mer quasi fermée. « À Gibraltar, les courants sortants ne circulent qu’en profondeur donc les débris flottants ne peuvent pas sortir », précise l’océanographe François Galgani, spécialiste des déchets marins et de la pollution microplastique à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Résultat : la Méditerranée est l’une des mers les plus polluées au monde avec des niveaux records de microplastiques, ces particules inférieures à 5 mm issues de la fragmentation des plastiques sous l’effet des UV et des courants, également présentes dans les produits cosmétiques. Leur impact ? « Les espèces les ingèrent puis les excrètent au bout de quelques heures ou jours, donc le risque qu’ils se retrouvent dans la chaîne alimentaire est limité », soutient François Galgani. Ils contiennent toutefois des additifs, tels que les phtalates, identifiés comme perturbateurs endocriniens, et peuvent absorber, tel un buvard, la pollution chimique de l’eau, « mais on est loin de relever des niveaux inquiétants », précise le chercheur. En France, l’Ifremer assure un suivi de la pollution chimique des eaux côtières méditerranéennes : « Globalement, nos données montrent que les taux de contaminants, hydrocarbures ou pesticides, baissent régulièrement. »

 

Cécile Marche
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