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La faim justifie les moyens

01/06/2018
Au cours des décennies à venir, l’humanité va devoir trouver les moyens de nourrir la population en expansion des pays en voie de développement, alors que ceux-ci relèvent de zones géographiquement incapables de leur permettre des productions alimentaires suffisantes. Comment réagiront les pays dits « développés », dont le développement démographique est faible, face à ce défi ?

Les experts de la FAO estiment qu'il va falloir accroître la production de produits agricoles dans le monde de 70% d’ici à 2050, et doubler celle de viandes. Compte tenu du manque de terres disponibles, ils indiquent que cette augmentation de la production pourra se faire pour 10 % par une augmentation des surfaces cultivées, le solde, c'est-à-dire 90%, devant s’obtenir par des accroissements de productivité.

En raison de l’état de sous-développement technique et humain dans lequel se trouvent les agricultures des pays en voie de développement, et compte tenu de ce que sont les structures agricoles dans ces pays, on voit mal comment des améliorations significatives de productivité pourraient s’y opérer.

Comment s’effectuent, en effet, dans le domaine agricole, les améliorations de productivité ? En recourant à la génétique par hybridation, en procédant à des manipulations génétiques (OGM), par le recours aux engrais chimiques et aux pesticides, et par l’irrigation des cultures. Dans les pays en voie de développement, il faudrait donc fournir aux agriculteurs les semences sélectionnées ou les OGM dont ils ont besoin, des semences qu’il faut renouveler chaque année ; il faudrait les approvisionner en temps voulu en engrais et pesticides, et leur donner les matériels agricoles qui leur permettraient de labourer correctement leurs terres et d’épandre les engrais et les produits phytosanitaires. On voit bien que pour utiliser correctement les techniques modernes il faudrait former ces agriculteurs, illettrés pour leur grande majorité.

La taille des exploitations rend le recours à la mécanisation impossible. Par ailleurs, il manque toutes les installations de stockage des récoltes: on enregistre chaque année dans tous ces pays de très importantes pertes de produits récoltés, estimées souvent à 30 %. Même si l’on construisait rapidement les installations de stockage manquantes, encore faudrait-il disposer d’opérateurs bien formés pour que le stockage se fasse dans de bonnes conditions et que l’on évite de graves accidents. Pour ce qui est enfin du développement des cultures irriguées, il faudrait réaliser un peu partout des investissements très importants pour faire des barrages et créer de grands périmètres irrigués.

Il ne va donc pas se passer grand-chose dans les pays en voie de développement en matière d’amélioration de la productivité dans le milieu agricole. Il faudra que les améliorations de productivité s’effectuent dans les pays développés afin de faire face, demain, aux besoins en aliments des pays en voie de développement. Les pays développés ont toutes les techniques nécessaires pour cela et seront capables de relever ces défis.

 

 

Claude Sicard
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