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Indispensables pollinisateurs

01/04/2018
Après la pollution de l’air, de l’eau et des terres agricoles, y aurait-il un autre fléau provoqué par l’Homme ?   Si depuis les années 1960, nous estimons avoir perdu 50% des espèces animales de la planète, certaines disparitions n’auraient pas d’incidence grave et directe sur notre mode de vie ; l’effet sur la chaîne alimentaire des mammifères ne se ressentira que dans plusieurs dizaines d’années à l’échelle mondiale. Cependant, il n’en est pas de même pour les insectes, surtout les pollinisateurs, dont la survie nous est indispensable.
La disparition des abeilles aura de graves conséquences sur la chaîne alimentaire de l'Homme

Dans le monde, sur les 109 plantes cultivées pour nourrir les humains, 87 sont totalement dépendantes des pollinisateurs : ces petits êtres ont un rôle indispensable pour nourrir l’Homme et la planète.

C’est sans doute leurs aspects et leurs modes de vie qui les ont rendus aussi distants, voire répugnants à nos yeux. Au nombre d’environ un million sur la terre, ils représentent la moitié des espèces animales. On en découvre entre 500 et 1000 espèces nouvelles chaque année. Sans doute par manque d’intérêt, ils sont restés loin de nos cahiers d’écolier.

Piqueurs pour certains, suceurs pour d’autres, voire lécheurs, ils sont sans doute responsables d’un très grand nombre de phobies. Pourtant, ils sont plus importants que toutes autres espèces pour le rôle qu’ils jouent vis-à-vis de nos assiettes. Le cadeau que les pollinisateurs font à l’Humanité chaque année est estimé à 153 milliards d’euros. Il s’agit du prix que les hommes devraient payer pour disposer de nos ressources alimentaires actuelles.

Les abeilles sauvages sont au nombre de 20 000 espèces, dont près de 1 000 espèces en France. Il s’agit du groupe de pollinisateurs le plus important parmi les insectes. En Angleterre, une étude récente a montré que deux tiers de la pollinisation est réalisée par les abeilles sauvages et seulement un tiers par les abeilles domestiques.

Une étude à l’échelle mondiale est allée encore plus loin. Sur 41 cultures, sur tous les continents, la conclusion apparaît sans appel : l’abeille domestique se limite à compléter l’activité des butineurs sauvages et ne peut les remplacer.

Non seulement les abeilles sauvages demeurent plus efficaces, mais elles sont parfois les seuls pollinisateurs de certaines plantes à fleurs. C’est le cas pour les tomates, la luzerne ou le trèfle rouge, où le nectar reste difficilement accessible. Leur efficacité est également à prendre en compte dans le nombre d’individus nécessaires à l’hectare.

Bruno Heck
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