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Clairvaux, d'une cellule à l'autre

01/07/2017
Une des quatre premières fondations de l'ordre cistercien, l'abbaye de Clairvaux , fut de loin la plus prolifique, avec 80 abbayes-filles. Supprimée à la Révolution, elle abrite depuis 1808 une institution pénitentiaire, la Maison centrale de Clairvaux. De l’enfermement volontaire des moines à la privation de liberté des condamnés, regard sur un site chargé d’histoire.

Avec 3000 détenus (hommes, femmes et enfants) au milieu du XIXe siècle, Clairvaux devint la plus grande prison française. La splendide abbatiale fut sacrifiée à l’aménagement d’un lieu d’enfermement voué au travail et devenu la  référence de cette « prison manufacture » qui offrit des locaux et une main d’œuvre bon marché au capitalisme naissant.

Partout en France, les prisons implantées dans d’anciennes abbayes (Mont Saint Michel, Fontevraud, Auberive, etc.) ont progressivement libéré les lieux, mais Clairvaux est restée une maison centrale, mythique en raison de la notoriété de nombre de ses détenus politiques. Toutefois, les inhumaines conditions de détention  (comme les tristement fameuses « cages à poules ») finirent par être supprimées.

En 1970, de nouveaux bâtiments furent construits, hélas  sur les fondations de l’abbatiale alors que des espaces libres ne manquaient pas à l’intérieur des murs et surtout hors du domaine historique de l’ancienne abbaye. L’immense grand cloître du XVIIIe siècle et le vénérable bâtiment des convers du XIIe siècle furent fermés et abandonnés.

2022 devrait être marqué par la fermeture définitive de la centrale de Clairvaux.

Jean-François Leroux
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