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Allocation universelle: quelle crédit ?

01/03/2018
La 4e révolution industrielle dans laquelle nous vivons, marquée par le rapide développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle, laisse penser que le travail va se raréfier. Aussi, nombre d’économistes soutiennent la mise en place d’une allocation universelle afin de lutter contre une pauvreté qui risque de s’accroître dans les sociétés post-travail. Émanciper l’humain du travail tout en refondant un modèle social et économique, tel est l’objectif d’une allocation universelle. Les expressions et positions de l'auteur ouvrent au débat.
"Que feriez-vous si votre revenu était pris en charge?" affichaient en mai 2016 à Genève les partisans du projet de revenu de base pour tous. Projet rejeté par 78% des votants.

Selon une étude de 2014 de l’université d’Oxford, 47 % des emplois seraient automatisables d’ici vingt ans. Il n’y aura plus de conseillers bancaires, mais des robots… Le principe de destruction créatrice de Schumpeter, très cité depuis vingt ans, a fonctionné bon an mal an durant la deuxième révolution industrielle, mais n’est plus aussi pertinent pour la troisième. Or, nous sommes déjà au cœur de la quatrième révolution industrielle.

Désormais, la productivité des machines et des robots (industrie 4.0) ainsi que la puissance de plus en plus phénoménale de l’intelligence artificielle ont un impact économique plus important que la productivité du travail humain. L’instauration d’une allocation universelle prend tout son sens pour que se ne généralise pas l’intermittence de l’emploi.

En 1988, André Gorz écrivait « Le plein emploi ne reviendra plus » dans son livre prospectif, La Métamorphose du travail ; quête du sens, critique de la raison économique.

Cette allocation universelle de citoyenneté, d’existence, de bonheur ou de tout autre nom, doit constituer l’élément structurant de la refondation de notre modèle social et économique. Il ne faut plus parler seulement de produit intérieur brut (PIB) mais de bonheur intérieur brut (BIB) : cet indicateur doit être publié tous les trois mois par l’INSEE pour compléter le premier. Nous avançons pas à pas…

Vu de gauche ou de droite, cette réforme est une rupture complète avec le dogme moral et socio-économique qui rabâche que seul le travail peut procurer un revenu, mais aussi la prospérité et le bonheur. Le travail humain va être remplacé progressivement voire massivement. Même si des créations d’emplois ou des « petits boulots » verront le jour dans 10, 20 ou 30 ans, ou jamais, il faut anticiper sur la métamorphose de notre économie globalisée et aux richesses abondantes. Après le travail, partageons les richesses. L’économie ne doit-elle pas devenir la science du partage ? De plus en plus d’économistes se posent cette question.

Demain, 20 % d’actifs feront vivre l’ensemble de la population. La France compte 28 millions de travailleurs, soit 42 % d’actifs (en comptant les chômeurs), sur une population totale de 67<ins> </ins>millions d’habitants. Demain, seulement 6 millions d’actifs, soit 9 % de la population française, seraient nécessaires pour faire fonctionner l’économie du pays.
 

L’objectif de cette allocation représente une révolution copernicienne, l’enjeu principal de ce début de millénaire.

Arnaud Berthonnet
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