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Harcèlement à l'école : tous concernés

01/04/2017
Les chiffres sont affligeants : entre 10 et 20% des élèves ont été, sont ou seront harcelés pendant leur scolarité. Cela représente un à deux enfants par classe en primaire, et quatre élèves par classe au collège, « seulement » 3,5% au lycée, mais pour des harcèlements plus graves… soient 1,2 million d’enfants. Que faire avec les harceleurs et pourquoi tout le monde est-il concerné ?

Pour l’école, les façons d’agir avec le harceleur sont nombreuses. Bien entendu, s’il est pris sur le fait, il faut sanctionner… Sans oublier – avant de punir - que souvent, un jeune harcelé risque d’exploser car il n’en peut plus… Il demeure donc très important d’écouter individuellement les différentes versions… mais jamais avec les deux protagonistes ensemble : le harcelé risque de minimiser par peur du retour de bâton, et le harceleur aussi en parlant de « blague », d’humour… puis va se venger.
Mais la punition n’est jamais la meilleure façon de faire cesser le harcèlement. Dans les pays qui ont su lutter contre ce fléau depuis plus de 20 ans avec des résultats solides, les méthodes les plus efficaces sont celles « non punitives ». Il s’agit alors non de punir le harceleur, mais de l’impliquer dans la recherche de solutions. Des méthodes comme Pikas ou No Blame consistent à demander au harceleur ce qu’il pourrait conseiller de faire à quelqu’un qui se fait embêter : trouver des solutions et participer à leur mise en place : ou former des « médiateurs ». L’intérêt de ces méthodes est que le jeune harceleur, en recherche de popularité, ne perd pas celle-ci. Sauf qu’il la met désormais au service du « bien » et du « bien-être » de tous ; alors que les méthodes punitives engendrent la vengeance ou la fierté d’avoir été puni.
Depuis août 2014 existe une loi contre le harcèlement à l’école : celui-ci, bien que très difficile à prouver, est passible d’une peine d’un an de prison et 15 000 euros d’amende… et que les enfants peuvent être responsables pénalement de leurs actes à partir de 13 ans.

Tous les pays qui se sont penchés sur les problèmes de harcèlement de façon sérieuse ont réussi à faire diminuer drastiquement le phénomène. Heureusement, la France se réveille depuis quelques années, grâce, entre autres, au remarquable travail fait par Eric Debarbieux. En attendant que les politiques anti-harcèlement se généralisent, des numéros d'appels existent comme le 30 20 (ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 18h) pour répondre aux enfants ou adolescents harcelés. Concernant les victimes de cyber-harcèlement, le numéro dédié est le 0 800 200 000 (net écoute).

Marie-Charlotte Clerf
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